Alerte rouge pour « 60 millions de consommateurs »

En 2008, le cabinet de Luc Chatel avait appelé l'INC pour protester contre la publication de la liste des prix qui flambent. C'en était assez pour le Gouvernement qui ne supporte pas les institutions indépendantes. C'est ainsi qu'une réorganisation de la «gouvernance» et l'élaboration d'un projet de privatisation partielle de "60 millions de consommateurs" inquiètent à juste titre les associations familiales et de consommateurs :

En 2010, l'Institut National de la Consommation voyait son indépendance menacée avec un Conseil d'Administration où les représentants du personnel et les associations ne détenaient plus que 7 voix sur 17.

Aujourd'hui on constate la baisse des ventes du magazine "60 millions de consommateurs", on pouvait prévoir la défiance des lecteurs si les informations sont biaisées, et moins fiables. D'autant plus alors que le pouvoir d'achat des familles est en baisse.

L'éditeur, l'INC, préconise l'entrée d'investisseurs privés. Si cette proposition annoncée le 15 septembre était votée par le CA, cette arrivée serait suicidaire même du point de vue de la gestion capitaliste, car le nombre de lecteurs s'effondrerait, la confiance ayant totalement disparu. Donc les investisseurs privés, n'ayant pas de lecteurs pour leur publicité, abandonneraient aussitôt cette revue.

Le CDAFAL 77 demande fermement l'abandon du projet de privatisation rampante mais réelle d'un organe de presse qui doit absolument garder son indépendance afin de poursuivre sa mission d'information objective des consommateurs.


Publié le 17 septembre 2011




J'ai pris connaissance de l'article concernant l'avenir de 60 Millions de consommateurs. Même si la grande majorité des infos sont exactes, il n'en reste pas moins que certaines précisions sont à apporter :

1. Pour ce qui me concerne, j'ai fait un long parcours au sein de l'Union Fédérale des Consommateurs Que Choisir avec des fonctions à responsabilité au sein de ce mouvement. Je rappelle que l'UFC Que Choisir n'a pas voulu durant fort longtemps apporter son concours à l'INC dans la mesure où les professionnels sont représentés au Conseil d'Administration de l'INC et l'article ne le mentionne pas du tout. Dès lors, depuis longtemps la revue souffrait de cette présence des professionnels au sein du conseil d'administration de cet Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial, donc avec un statut facilitant la privatisation, c'est le même statut pour les offices publics d'HLM qui a été mis en place pour faciliter leur privatisation, donc la même logique et nous ne détaillerons pas d'autres exemples de ce processus utilisés pour la privatisation.

2. Aujourd'hui, si nous assistons à la privatisation de l'INC, c'est grâce justement à ce statut d'EPIC qui ne figure pas dans l'article de ce site, ceci biaisant la bonne compréhension de ce qui se passe à l'INC.

3. Je connais personnellement plusieurs membres du personnel de l'INC qui sont des professionnels tout à fait à la pointe et très compétents dans leurs domaines d'activités comme par exemple à la ludothèque, à la formation des cadres associatifs, aux essais comparatifs... Ce qui est à mettre en cause dans le désastre annoncé, c'est la gestion politique d'un outil pourtant très à la pointe à la base mais dont le pouvoir ne veut plus du tout pour ne pas fausser le grand principe de l'Union Européenne de la "concurrence libre et non faussée". C'est donc l'application sans faille de la révision générale des politiques publiques qui est en cause, pas la compétence des professionnels de l'INC. Il faut donc systématiquement attaquer cette RGPP dans tous les commentaires car c'est cet outil pris par décret près le Conseil d'Etat et non par une loi qui doit être systématiquement pilonné comme le symbole même du recul de la démocratie au profit d'une gouvernance centralisatrice à la manière de Napoléon III, favorisant les intérêts du grand capital international et non celui des citoyens qui apportent leur concours à la richesse de ce pays.

4. C'est donc aux associations familiales et de consommateurs de se retrousser les manches pour trouver de nouvelles ressources de lutte, se rassembler massivement contre ce gouvernement, ce gouvernement qui remet en cause le financement aux associations - même si pour le moment les associations familiales sont moins touchées par la baisse du financement public - le processus de remise en cause des acquis du Conseil National de la Résistance se poursuit implacablement avec la circulaire du premier ministre du 18 janvier 2010, publiée au Journal Officiel le 20 janvier 2010, qui considère désormais que les associations ont une activité de nature économique et donc de ce fait leur mode de financement change pour passer sur le régime des appels d'offres, des conventions pluriannuelles d'objectifs, tel que cela s'applique désormais dans le monde du médicosocial ...

J'appelle donc toutes les associations de consommateurs et familiales à rejoindre le collectif des associations citoyennes sur le site http://www.associations.citoyennes.net pour organiser en réseau la résistance à cette marchandisation du monde associatif. Ce peut être une des réponses possibles, mais il semble judicieux d'inventer de nouvelles formes d'actions dans la mesure où la technique classique des revendications semble ne plus du tout fonctionner face au rouleau compresseur implacable des forces d'argent qui se tapissent derrière le pouvoir politique actuel et qui dictent la politique actuelle suivie à l'échelle européenne !



Thierry de STRASBOURG.

Commentaire ajouté le 23 septembre 2011